Découvrez "L'INTERNET DES CAPTEURS TOME 1.0 : BIOMESURE" et son auteur

GUIDE INTERNET DES CAPTEURS

Ce volume est le premier tome d’une série de 5 volumes sur chaque aspect de la biomesure dans l’évolution du web et des usages liés à la révolution du monde de la mesure. Il fait un tour d'horizon complet des enjeux, technologies et tendances de la partie vivante de l'Internet des capteurs.

Domaine de recherche en pleine expansion, l'Internet des capteurs est l'ensemble des techniques innovantes destinées à mieux comprendre notre environnement, dont la biomesure est l'une des composantes. Cet ouvrage présente de manière pratique les évolutions en cours de tous les systèmes embarqués et objets connectés sur les personnes, dans les véhicules, les bâtiments...

A l’occasion de la sortie du tome 1, l’auteur de l'ouvrage, Jean-François Duval-Kerjolis, nous a exposé les principaux enjeux et les apports de l’Internet des capteurs.

Commandez l'ouvrage sur ComST Édition à son prix de lancement : 16,20 € TTC

JFDK Editions - Auteur : Jean-François DUVAL-KERJOLIS - Broché, 236 Pages - Format 140 x 210 mm

BATI-COM : Quelle différence faites-vous entre l'Internet des objets, le M2M et l'Internet des capteurs ?

Jean-François DUVAL-KERJOLIS : L’Internet des objets, en plus d’être un vocable à la mode, est le vaste morceau de l’Internet dont le principe est de faire communiquer des matériels très divers, du compteur à gaz au satellite d’observation, en passant par les réfrigérateurs et les consoles de jeux. Les services que nous en attendons sont d’abord l’enregistrement direct des données. C’est une tendance ancienne, qui se définit par la mise en commun de moyens permettant de rendre connectables des matériels qui ne l’étaient pas d’office, ou qui ne le devenaient que via des modifications techniques. Ce terme pratique, un peu « fourre-tout » s’impose tout simplement parce que l’Internet est disponible partout et pour des coûts raisonnables.

Le M2M (Machine to Machine) est à l’origine un terme recouvrant les communications entre automates principalement industriels. Il utilise aussi l’infrastructure Internet – mais pas seulement – pour faire communiquer des machines complètes, ce qui autorise l’interfaçage des fonctions et des applications. Dans le bâtiment, les systèmes de gestion font du M2M depuis des décennies, parfois simplement par relais, mais de plus en plus par la normalisation des protocoles de communication.

L’Internet des capteurs est la partie « prise de mesures » de ces ensembles. Nous mettons l’accent sur les technologies des capteurs modernes, parce qu’ils vont être plus intégrés, plus performants et nettement plus nombreux que par le passé. C’est l’avènement d’une nouvelle façon de faire de la mesure scientifique, hors laboratoires et pour des applications plus proches de tout un chacun. Les conséquences devront en être une meilleure connaissance de notre environnement, immédiat ou lointain, de nos consommations et gaspillages, de la gestion de nos risques dans nos interactions. Enfin, nous y trouverons aussi de nouvelles façons de faire du sport, des rencontres, des loisirs…

B : De quels capteurs parle-t-on lorsque l'on parle d'Internet des capteurs ? Quelles principales applications auront-ils dans un futur proche ? Quelles seront-elles pour le bâtiment ?

JFDK : On parle de matériels issus de la conjonction d’outils de prise de mesure physiques, chimiques et biologiques avec l’électronique miniaturisée autorisant leur connexion. On peut trouver aussi bien des caméras que des patchs médicaux ou des détecteurs de CO2. Pour le grand public, le mouvement a commencé avec les éthylomètres numériques et les montres connectées, qui comportent des capteurs issus du suivi de santé. On peut aussi évoquer les micro centrales météo, qui mesurent les polluants dans les habitats, ou les analyseurs de poche pour l’alimentation. Dans les domaines médicaux, ce seront les micro laboratoires capables de faire des analyses plus rapides, avec moins de sang et surtout sur le terrain.

La question du bâtiment – à usage domestique ou laborieux – est centrale, car la profession a l’habitude de créer des systèmes orientés sur la gestion de l’énergie, des fluides, de la sûreté et de la sécurité. Les infrastructures et les compétences sont disponibles pour aller vers de plus grandes interactions entre les occupants et leurs bâtiments : la présence de capteurs et la reconnaissance des personnes permettent de rendre le bâtiment adaptatif, presque « sensible ». Or, nous percevons de plus en plus que l’optimisation de l’environnement de travail a un fort impact sur notre stress, nos performances… Qu’il s’agisse de gérer les déplacements ou les activités statiques, il y a de grandes ressources d’énergie à mieux utiliser et répartir. Comme dans beaucoup d’applications de la biomesure, nos bâtiments vont tout à la fois mieux gérer les collectivités d’utilisateurs et proposer des services de plus en plus personnalisés.

B : Si notre environnement entier est relié à Internet, ne peut-on craindre une atteinte à notre vie privée ?

JFDK : C’est vrai, pas « une » seule atteinte, mais d’innombrables incursions et inquisitions ! Et le fait que nous nous y soyons habitués à cause des réseaux sociaux ne change rien au problème : il devient essentiel de se protéger contre les surexpositions et contre les fuites intempestives de données. C’est d’ailleurs l’une des grandes peurs générées par le « quantified self », qui consiste à s’auto-surveiller en permanence, ce qui construit des données on ne peut plus intimes, pour ensuite tout envoyer sur le net. Nous sommes dans un grand paradoxe.

Mais en même temps, ces technologies peuvent nous apporter beaucoup en matière de préservation de l’environnement, d’optimisation des ressources, de qualité de vie. Comme il n’y a pas de recette définitive, la meilleure protection reste la formation aux avantages et inconvénients et à informer plus largement le public. Il nous faut mixer la prise de conscience individuelle et la protection collective. Vaste programme !

B : Quels sont pour vous les principaux enjeux de l'Internet des capteurs en matière de sécurité et de fiabilité ? Comment répondre efficacement aux craintes soulevées ?

JFDK : La restauration de la confiance nous semble être l’enjeu principal. Nous vivons une période brouillonne, dans laquelle de nombreux indicateurs nous crient que, comme citoyens, consommateurs et terriens, nous sommes en permanence désinformés et floués par des structures monopolistiques qui en veulent à notre santé et à nos portefeuilles.

La profusion de scandales est une réalité, les polémiques aussi, les exagérations itou. Y croire ou non est aujourd’hui un problème de conviction plus que de mesures et d’argumentations. L’internet des capteurs peut transformer les soupçons en certitudes, mais aussi nous permettre de savoir si ce que nous faisons, par exemple pour rendre nos villes plus respirables, va dans le bon sens. Nous réagissons souvent à partir d’informations parcellaires. La prolifération des moyens de mesure va nous permettre d’améliorer notre savoir et surtout, de le transposer au niveau de chacune et chacun.

B : Quelles sont les principales applications de la biomesure dans l'Internet des capteurs ?

JFDK : La Biomesure est l’ensemble des moyens utilisables pour interfacer ce qui est vivant. Cela représente donc une très vaste partie de l’internet des capteurs. Pour nous simplifier la vie, nous séparons les applications entre les marchés de l’environnement, la santé et les soins, la sécurité et sûreté et la vie quotidienne. Mais tout se mélange très rapidement, car la qualité de l’environnement influe sur votre santé ou vos envies. Par exemple, quel serait l’intérêt de courir dans des zones surchauffées ? Ou de cultiver des salades dans les émissions de particules ?

Pour appréhender l’impact des biomesures, le plus simple sera de décrire des applications réalistes qui utiliseront des capteurs existants ou en développement et qui apporteront des réponses précises. Nous allons donc présenter Netalergs, un réseau collaboratif de prévention micro météorologique, AuditOid, un dispositif de mesure des niveaux sonores, BYour Model, une solution de suivi de silhouette ayant des conséquences pour la mode, les régimes et les achats en ligne, ou encore StressItOid votre futur compagnon de graduation de votre état de stress, en plus de quelques autres …

Chaque application répondra à une question précise en utilisant les moyens disponibles, du terrain au big-data en passant par la collecte des données et leur exploitation personnelle ou collective. Et, ce n’est pas un hasard, elles font l’objet de notre second tome de la collection de l’internet des capteurs : ITOïds de Biomesures.

À propos de l’auteur :  Jean-François DUVAL-KERJOLIS

Jean-François Duval-Kerjolis a suivi une double formation en management et technologies. Concepteur et créateur d'entreprises ou de branches d'entreprises essentiellement dans les domaines de l'innovation, il s’est consacré au développement des thèmes liés à la Biomesure après avoir œuvré dans les domaines de l’informatisation, de la bureautique, de la gestion des bâtiments en y apportant des points de vue innovants et des solutions avant-gardistes. Il intervient également comme conseil et animateur de la transition vers le web 5.0.